MALI PENSE

"Honni soit qui mal y pense" ? Non ! Heureux soit qui "Mali" pense, car c'est un beau voyage qui l'attend...

Mama Sissoko - Amours - Jarabi


Mama Sissoko, musicien renommé, sort ce 15 mai 2020 un nouvel album en hommage à Ali Farka Touré. Le surnommé Mama "Badema" (du nom de l’Orchestre national de Bamako) est un artiste de renommée internationale, mais dans sa longue carrière, il n’a pas été de ceux qui sortent un album tous les trois mois ! Il préfère les méditer des mois, voire des années ! Autant ses talents de chanteur, de guitariste, de compositeur sont immenses, autant sa discographie est réduite !

La sortie ce 15 mai 2020 de son album "Soul Mama" dédié à son ami Ali Farka Touré est donc un événement incontournable. C’est la Sélection FIP du mois de mai 2020. Voir www.facebook.com/pg/SoulMamaBadema
"Sur ce titre Mama Sissoko et ses musiciens rendent ainsi un double hommage au regretté Ali Farka Touré décédé le 7 mars 2006, mais aussi à Zoumana Tereta, le maître absolu du Sokou, le violon malien à une corde, présent sur l’enregistrement de l’album et décédé le 15 mai 2017."
lien d’achat (sortie le 15 mai) : https://smarturl.it/SoulMama

C’est à cette occasion que nous lui dédions cette collection de lyrics tirés de son premier album "Amours Jarabi". Nous avons recomposé les paroles en bambara (orthographe standard) – la traduction est celle de la pochette originale du CD (Buda Musique 82940-2).

-Bio-

Mama Sissoko est né en 1949 à Jumara (Djoumara, Dyoumara), 272 km au nord de Bamako sur la route de Nioro du Sahel. Né français, il deviendra malien au moment de la décolonisation. Adolescent, son père Djeli Makan Sissoko (Jèli : griot) l’envoie a Bamako pour y apprendre le métier de mécanicien, chez son oncle Djeli Baba Sissoko. Ce dernier est un griot et joueur de N’goni renommé a Bamako, le jeune Mama est naturellement initié à la musique en baignant dans cet environnement. Mama commence par l’accompagner aux percussions puis s’initie à la guitare. Il était fasciné par Kar-kar (Boubacar Traoré), la référence nationale pour la guitare. C’est alors qu’il engloutit l’argent de sa bourse scolaire dans l’achat d’une guitare acoustique et réussit à convaincre le maire de sa ville natale d’investir dans l’achat d’une guitare électrique. Il commence à jouer de la guitare, en autodidacte, et développera son style particulier, issu du jeu de ngoni et des spécificités Bambara. Mais c’est l’équipement musical de l’armée qui lui permit de décoller. Pendant six ans il joue avec l’Orchestre national de Bamako et l’accompagne dans ses tournées dans tout le Mali et au dehors, comme en Lybie. "Au cours des années 70, les ondes maliennes sont largement influencées par la musique américaine, et Mama affirme son affinité pour la musique blues et soul, et en particulier celle d’Otis Redding."

C’est en 1974, qu’il rejoint “Le Super Biton de Ségou”, comme chanteur et guitariste solo. Pendant 10 ans le groupe fait des tournées en Europe et en Afrique, jouant par exemple à Angoulême (festival Musiques Métisses) et à Paris (Palais des Glaces, Casino de Paris).
"Mama Cissoko n’est pas un membre historique du Super Biton. Guitariste aux doigts d’or, il a été débauché de l’orchestre de Kayes pour renforcer l’équipe d’excellents musiciens déjà présents à Ségou. Il n’a pas assisté aux débuts du Biton, pourtant il est intarissable sur les premiers pas de l’orchestre. "Né de la fusion de plusieurs orchestres régionaux au milieu des années 60, le Super Biton de Ségou s’est fait connaître du grand public malien lors des Semaines de la Jeunesse, où il a raflé plusieurs prix de 1964 à 1968".
La reconnaissance nationale arrive en 1970, pendant la première Biennale culturelle instaurée par Moussa Traoré. L’Orchestre régional Biton – qui n’est pas encore "Super", épate toute la jeunesse malienne avec ses cuivres soyeux, la finesse de ses guitares, sa basse rugissante, les envolées lyriques de ses chanteurs et sa couleur résolument moderne.
Pourtant, comme l’impose la politique culturelle de l’époque, l’orchestre régional de Ségou a un rôle bien spécifique. "Notre mission était de mettre en valeur le patrimoine culturel de la région. Ici à Ségou, il y a les Bambara, les Bobo et surtout les chasseurs : chaque ethnie a trouvé ses morceaux dans notre répertoire. C’est ce qui a fait notre succès au Mali, parce que les chants étaient éducatifs et instructifs. Chaque morceau avait son sens" insiste le guitariste en chef.
Proverbes, chansons morales qui incitent la jeunesse malienne à travailler, à faire preuve de courage et de bravoure, les thèmes des chansons du Super Biton sont dans l’air du temps post-indépendance. La plupart des succès de l’orchestre sont directement issus du terroir de Ségou : "Pour récolter un matériau sur lequel arc-bouter nos compositions, Percé Doumbia, Toussaint Siané, Abou Kissa les chanteurs du Super Biton partaient en brousse avec un magnétocassette et enregistraient les voix des vieilles femmes, les chants de cérémonies de mariage, de circoncision…" se rappelle Mama Cissoko. (...)
Une parenthèse dorée qui dure autant que le règne de Moussa Traoré. "En 1991, avec le changement de régime, Alpha Oumar Konaré a dit aux musiciens de se prendre en charge, les Biennales ont cessé" se rappelle-t-il.
Le temps des vaches maigres commence pour les musiciens qui cherchent en vain dans le journal officiel, le décret qui avait fait d’eux des fonctionnaires de l’état malien en 1976 – et donc des pensionnaires à vie. Marqué par le décès de plusieurs membres historiques, les désillusions et les errances, le groupe se met sur pause et les musiciens tentent l’aventure en solo." (Eglantine Chabasseur, RFI, 2011)

En 1988, il avait formé son groupe "le Ton Jon de Ségou" (tɔ́njɔn : captifs de la couronne, garde armée des rois de Ségou). Trois ans plus tard commence une nouvelle carrière solo entre son Mali natal et Paris. Il enregistre “Narena”, première cassette sous son nom, en 1991. Il se produit sans complexe sur plusieurs grandes scènes, faisant l’ouverture de BB King au Jazz festival de La Villette, et obtient un énorme succès à La chapelle des Lombards, en particulier avec l’invitation qu’il fait à la chanteuse brésilienne Teca Calazans, du "Nordeste" de le rejoindre dans un duo qui sera sur son premier CD "Jarabi" (1997) : Les rythmes multiples des Bobo, Bambara, Sarakolé, Peul, Songhaï and Mandingue tissent la trame sur laquelle Mama Sissoko construit ses compositions largement influencées par le blues et le jazz.

Puis vint un second album, “Soleil de Minuit" (1999), dédié à sa sœur Nassima, réalisé comme le précédent avec son complice Michel Zacha et nombre de musiciens maliens. Dans "Congo to Cuba" (2001), L’exubérance latine se même à la mélancolie des griots sur des solos volubiles et ensorcelants, et Mama Sissoko guide son groupe jusque là où les sérénades latinos rencontrent les mélodies mandingues : Dans “African salsa” par exemple, le chanteur panaméen Azuquita laisse danser sa voix sur l’accompagnement de Toumani Diakité qui joue du donzo n’goni (N’goni des chasseurs) sur le thème des rites sacrés des chasseurs.

Ce prochain album à paraître le 15 mai 2020 est une tranche de vie à lui seul. Depuis les années 1970, Mama Sissoko et Ali Farka Touré se fréquentent et jouent ensemble amicalement à l’occasion. Les années passent. Jusqu’au jour où, devenu avec un premier Grammy awards en 1993 un star mondiale, Ali Farka Touré invite son ami. C’est la naissance d’un trio (avec Bassekou Kouyaté) qui tournera pendant dix ans. Mama participera à l’album "Savane" (enregistré en 2004). Son ami Ali Farka Touré meurt en 2006, peu après un deuxième Grammy awards. Ce dernier album de Mama "Soul Mama" est celui d’une longue fidélité. Les accents de cette fidélité aux amis disparus étaient déjà largement présents dans le premier album "Amours-Jarabi" dont nous publions les paroles aujourd’hui.

sources : https://www.last.fm/music/Mama+Siss..., https://musique.rfi.fr/actu-musique..., www.facebook.com/pg/SoulMamaBadema

L’INA propose un sympathique portrait du chanteur Mama Sissoko (août 2000, 2mn36s) au moment de la 4ème commémoration de l’évacuation de l’église Saint Bernard (1996)

- Amours - Jarabi -

La traduction en français est celle de la pochette originale. Ce n’est pas une traduction mot-à-mot mais elle reflète très fidèlement l’esprit des paroles en bambara. Les commentaires sont également extraits de la pochette.
Nous ajoutons quelques notes orthographiques pour indiquer les quelques passages qui trahissent les origines griotiques et régionales de Mama Sissoko et sont autant de petits écarts par rapport à la norme du bambara "standard".

Hommage à Biton

kó né kó sàya man ɲì Je dis que la mort est terrifiante !
sàya man ɲì, sàya man ɲì, ń ná ! Mère, la mort n’est pas bien, la mort n’est pas bien !
wóoyi, sàya ! Oui, la mort !
sàya man ɲì, sàya man ɲì ! La mort n’est pas bien, la mort n’est pas bien !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Bàmóyì túnunna ń bólo ! Bamoyi a disparu pour toujours !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Ámàdu Tali túnunna ń bólo ! Amadou Tall a disparu pour toujours !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Gɔrgi Dafe túnunna ń bólo ! Gorgui Dafé a disparu pour toujours !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Sajo Tàrawele túnunna ń bólo ! Sadjo Traoré a disparu pour toujours !
sàya man ɲì, sàya man ɲì, sàya man ɲì ! La mort n’est pas bien, la mort n’est pas bien, la mort n’est pas bien !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Santarakalu la nànkama túnunna ń bólo ! (1) Le fils prédestiné des Santara a disparu !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Talikalu la yɛ̀rɛwolo túnunna ń bólo ! Le digne fils des Tall a disparu pour toujours !
à túnunna ń bólo, Il a disparu pour toujours,
Dafekalu la nànkama túnunna ń bólo ! Le fils prédestiné des Dafé a disparu pour toujours !
kó Sajo táara i ́ dá ! Sadjo s’en est allé de ce bas monde !
kó nànkama táara i ́ dá ! L’homme prédestiné s’en est allé !
yɛ̀rɛwolo táara i ́ dá ! Le digne fils s’en est allé !
kó nànkama táara i ́ dá ! L’homme prédestiné s’en est allé de ce bas monde !
sàya man ɲì, sàya man ɲì, sàya man ɲì ! La mort n’est pas bien, la mort n’est pas bien, la mort n’est pas bien !

Biton fut un roi célèbre de Ségou. En hommage à son règne, un orchestre prit le nom de "Biton". Cette chanson évoque les musiciens aujourd’hui disparus de l’orchestre "Le Super Biton de Ségou"

notes orthographiques :
(1) Santarakalu : les pluriels en -lu, au lieu de -w, sont une marque du maninka (et des griots). En bambara standard on dira plutôt Santarakaw ("ceux de chez les Santara"). Même chose pour Talikalu : Talikaw, Dafekalu : Dafekaw

DÙGA – le Vautour

kúma tɛ kúnna cɛ̀ba mîn kɔ́nɔ, à l’homme qui ne peut garder un secret,
kúma tɛ fɔ́la í ɲɛ́na, on ne confie pas de secret.
kúma tɛ kúnna cɛ̀ba mîn kɔ́nɔ, à l’homme qui ne peut garder un secret,
kúma tɛ fɔ́la í ɲɛ́na, on ne confie pas de secret.
bàro lá kúma tɛ kúnna cɛ̀ba mîn kɔ́nɔ, l’homme qui ne peut garder les secrets,
kúma tɛ fɔ́la ò cɛ̀den dè yé Ála ! par Dieu, on ne lui confie pas de secret !
(bis) (bis)
I b’à kúma fɔ́ tìɲɛ rɔ́, Dire des paroles véridiques
ò ye kúma dè rɔ́surunya la ! écourte le débat.
Álu b’à kúma fɔ́ tìɲɛ rɔ́, Si vous dites des paroles véridiques,
ò ye kúma dè rɔ́surunya ! cela écourte le débat !
K’áw ma bán kúma fɔ́ tìɲɛ rɔ́, Quand vous aurez dit des paroles véridiques
ò ye kúma dè rɔ́surunya ! cela écourtera le débat !
Í man dí mɔ̀ɔ mîn yé, La personne à laquelle tu ne plais pas,
cɛ̀ à tɛ lá í lá kó kó mà ! ami, celle-là ne te fera jamais confiance.
Í man dí mɔ̀ɔ mîn yé, La personne à laquelle tu ne plais pas,
ò tɛ lá í lá kó kó mà ! celle-là ne te fera jamais confiance.
Kó mɔ̀ɔ man dí la mɔ̀ɔ mîn yé, Quand une personne en plait pas à quelqu’un,
ò tɛ lá í lá kó kó lè mà ! celui-là ne lui fera jamais confiance,
Í yé Jata lé, Oh ! toi Djata
í ní wúlala jèliya lá ! les griots t’adressent leurs salutations !
Sàralon síra lá jànjonba, Toi le héros des routes de Sierra-Leone
Áà ! Fàamaden ! Ah ! Quel prince émérite !
Áà dùga ! Ah ! Douga !

Le Douga (vautour) était l’animal favori et emblématique des empereurs du Mandé. De ce fait, il symbolise grandeur et force. Cet extrait d’un chant traditionnel est dédié aux héros, aux hommes valeureux. Cet hymna rappelle que les hommes valeureux sont ceux qui savent en toute circonstance garder les secrets (initiatiques, politiques, sociaux...), prendre leurs responsabilités et avoir le courage de dire la vérité, sans crainte du jugement d’autrui.

Kaara Denba - Demba de Kaara

Dénba, hɔ́n kɛ́ ! Oh ! Denba
Kaara Dénba ka bàla díyalen bɛ́ ! La causerie chez Demba à Kaara est bien agréable !
Dénba hálisà, Kaara Dénba ka bàla díyalen dòn ! Jusqu’à présent, la causerie chez Demba à Kaara était bien agréable !
(bis) (bis)
Ń bɛ táa ń kànuɲɔɔn sɛ́gɛrɛ, Je m’en vais voir ma promise,
míniyan dònso ka síla dá n yé. (1) Le python chasseur se met au travers de ma route.
Ń bɛ táa ń fúruɲɔɔn sɛ́gɛrɛ, Je m’en vais voir mon amour,
wáraba dònso ka síla dá n yé. Le lion chasseur se met au travers de ma route.
Ń bɛ táa ń fúruɲɔɔn sɛ́gɛrɛ, Je m’en vais voir mon amour,
míniyan dònso ka síla dá n yé. Le python chasseur se met au travers de ma route.
Ń bɛ táa ń kànuɲɔɔn sɛ́gɛrɛ, Je m’en vais voir ma promise,
wáraba dònso ka síla dá n yé. Le lion chasseur se met au travers de ma route.
Dénba, hɔ́n kɛ́ ! Oh ! Denba
Kaara Dénba ka bàla díyalen bɛ́ ! La causerie chez Demba à Kaara est bien agréable !
Dénba hálisà, Kaara Dénba ka bàla díyalen dòn ! Jusqu’à présent, la causerie chez Demba à Kaara était bien agréable !

La légende raconte qu’à Kaara (vers Diafarabé) vivait Demba, un bel homme au verbe facile et enchanteur. Tous les jeunes gens se rendaient chez lui pour causer. Mais Demba était fort jaloux et ne supportait pas que les jeunes gens se rencontrent en dehors de chez lui. Aussi, dès qu’il voyait des couples au dehors, il se transformait en lion et en python (animaux mythiques) pour leur faire peur. Ce chant invite les jeunes gens à rester purs jusqu’au mariage et à n’avoir de contact entre fiancés que dans le cadre autorisé par la société.

notes orthographiques :
(1) ka et síla : traduisent une influence maninka. Un bambara dira plus facilement ye et sira ici : míniyan dònso ye síra dá n yé, mais ça ne gênera personne à l’écoute.

WƆ́RI - l’argent

(1)

kó wɔ́ri tùn bɛ́ nê fɛ̀, ń ná, Mère, quand j’avais de l’argent,
kó dénnin bɛ nà nê fɛ̀, ń ná. la fille venait chez moi.
kó sánu tùn bɛ́ nê fɛ̀, ń ná, Mère, quand j’avais de l’or,
kó dénnin bɛ nà nê fɛ̀, ń ná. la fille venait chez moi.
kó wɔ́ri bánna wóo, ń ná, L’argent est fini, mère
ko dénnin kó ń mà wóo, ń ná : Oh, mère, la fille m’a dit :
"Ń y’í kànu ni wɔ́ri yé, ń ná, "Je t’ai aimé avec ton argent,
kó ń y’í kànu ni sánu yé, ń ná ! je t’ai aimé avec ton or,
Ń t’í kànu ni wɔ́ri tɛ́, ń ná, à présent je ne peux plus t’aimer sans argent,
Ń t’í kànu ni sánu tɛ́ wóo, ń ná !" je ne peux plus t’aimer sans or !"
Jàa kó dúnuya yé tàn dè ń ná ! (2) Mère, c’est donc ainsi que va le monde !
Ń ná, kó án ye yɛ̀lɛma, Mère, changeons tout cela.
mùsow yó, ń ná ! Oh ! les femmes !
Kànâ wáa kà nê tó, ń ná ! Mère, ne m’abandonne pas !
Au revoir, Maman ! Au revoir, Maman !
Au revoir, n jarabi ! Au revoir, ma chérie !

Ce chant critique les mariages d’argent, d’intérêt et de raison.

note sur l’orthographe :
(1) wɔri : on écrit normalement wari.
(2) dunuya : le mot courant est diɲɛ (dinyɛ), mais l’usage de dunuya est fréquent chez les griots.

MÙN KƐ́RA Í LÁ ? - Qu’est-ce qu’on t’a fait ?

Mùn kɛ́ra í lá, wóoyi ń jàrabi ? Qu’est-ce qu’on t’a fait, mon amour ?
kó mùn kɛ́ra í lá, Qu’est-ce qu’on t’a fait,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! C’est toi que j’aime !
Í kɔ̀rɔlu kó k’í tɛ fúru ń mà, (1) Tes aînés disent que tu ne m’épouseras pas
kó fɛ́n tɛ́ ń fɛ̀, car je ne possède rien,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! et pourtant c’est toi que j’aime !
Í nà lè kó k’í tɛ fúru ń mà, Ta mère dit que tu ne m’épouseras pas
kó fɛ́n tɛ́ ń fɛ̀, car je ne possède rien,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! et pourtant c’est toi que j’aime !
Í dɔ́gɔlu kó ń jàrabi man ɲì ! Tes cadets disent que mon amour est dangereux !
kànâ nê màlo, Ne m’humilie pas,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! car c’est toi que j’aime !
Kànâ dímin, wóoyi kànâ dùsu ! Ne te fâche pas, non ! ne t’énerve pas !
Màloya man ɲì, La honte n’est pas une bonne chose,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! car c’est toi que j’aime !
Mùn kɛ́ra í lá, wóoyi ń jàrabi ? Qu’est-ce qu’on t’a fait, mon amour ?
kó mùn kɛ́ra í lá, Qu’est-ce qu’on t’a fait,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! C’est toi que j’aime !
Í fà dè kó k’í tɛ fúru ń mà, Ton père dit que tu ne m’épouseras pas
kó fɛ́n tɛ́ ń fɛ̀, car je ne possède rien,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! et pourtant c’est toi que j’aime !
Í nà lè kó k’í tɛ fúru ń mà, Ta mère dit que tu ne m’épouseras pas
kó fɛ́n tɛ́ ń fɛ̀, car je ne possède rien,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! et pourtant c’est toi que j’aime !
Í kɔ̀rɔlu kó ń jàrabi man ɲì ! Tes aînés disent que mon amour est dangereux !
Kànâ nê màlo, Ne m’humilie pas,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! car c’est toi que j’aime !
Kànâ dímin, wóoyi kànâ dùsu ! Ne te fâche pas, non ! ne t’énerve pas !
Màloya man ɲì, La honte n’est pas une bonne chose,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! car c’est toi que j’aime !
Mùn kɛ́ra í lá, wóoyi ń jàrabi ? Qu’est-ce qu’on t’a fait, mon amour ?
kó mùn kɛ́ra í lá, Qu’est-ce qu’on t’a fait,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! C’est toi que j’aime !
Í dɔ́gɔlu kó k’í tɛ fúru ń mà, Tes cadets disent que tu ne m’épouseras pas
kó fɛ́n tɛ́ ń fɛ̀, car je ne possède rien,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! et pourtant c’est toi que j’aime !
Í dɔ́gɔlu kó ń jàrabi man ɲì ! Tes cadets disent que mon amour est dangereux !
kànâ nê màlo, Ne m’humilie pas,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! car c’est toi que j’aime !
Kànâ dímin, wóoyi kànâ dùsu ! Ne te fâche pas, non ! ne t’énerve pas !
Jàrabi man ɲì, La honte n’est pas une bonne chose,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! car c’est toi que j’aime !
Mùn kɛ́ra í lá, wóoyi ń jàrabi ? Qu’est-ce qu’on t’a fait, mon amour ?
kó mùn kɛ́ra í lá, Qu’est-ce qu’on t’a fait,
Nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀ ! C’est toi que j’aime !

Traditionnellement dans le Mande, le mariage est une affaire d’alliance et non d’amour. On dit : "í fúru ɲɔ́gɔn mà, í bɛ fúru ò dè mà" (tu te marieras avec celui avec qui tu dois te marier), signifiant par là le rôle du mariage comme moyen d’alliance entre familles et clans.
Ainsi, souvent dès leur naissance, les enfants étaient prédestinés les uns aux autres, selon des critères d’ordre ethnique, social, ou, moins souvent, financier. Ceui qui n’avait rien de cela ("kó fɛ́n tɛ́ nê fɛ̀" : car je ne possède rien) était condamné au rejet et à la honte (màloya) s’il se hasardait à demander la main de celle qu’il aimait (ń jàrabi : ma chérie). Ceux qui s’opposaient à ce système en étaient vivement dissuadés, en premier par leurs parents (kɔ̀rɔlu, les aînés, fà, le père, ná, la mère, dɔ́gɔlu, les cadets) : ni la colère (dímin), di l’énervement (dùsu) n’y pouvaient rien.
L’amour est dangereux (ń jàrabi man ɲì), et à trop répéter "nê dún bɛ́ ê dè fɛ̀" (et pourtant c’est toi que j’aime), les amoureux prenaient le risque d’être exclus de leur communauté.

notes orthographiques :
(1) kɔrɔlu : les pluriels en -lu, au lieu de -w, sont une marque du maninka (et des griots). En bambara standard on dira plutôt kɔrɔw. Même chose pour dɔgɔlu : dɔgɔw

Hommage à Fodé

Nê wàara ń jàrabi dè fɛ̀ só, (1) Je me suis rendu auprès de mon amour,
nê dún ma ń jàrabi dè yé só, je n’ai pas trouvé mon amour à la maison,
ma chérie yó ! oh ! ma chérie !
Fódè Kúyate dè túnunna ! C’est notre Fodé Kouyaté qui vient de disparaître à jamais !
Kó sàya ma Kònate ìn dè tó dúnuya rɔ́, La mort n’a pas épargné Konaté en ce bas monde
ń jàrabi yó ! Oh ! ma chérie !
Sàya ma Sisoko ìn dè tó dúnuya rɔ́, La mort n’a pas épargné Sissoko en ce bas monde,
ń jàrabi yó ! Oh ! ma chérie !
Fódè Kúyate dè túnunna ń bólo ! C’est notre Fodé Kouyaté qui vient de disparaître à jamais !
Kó sàya ma Kònate ìn dè tó dúnuya rɔ́, La mort n’a pas épargné Konaté en ce bas monde
ń jàrabi yó ! Oh ! ma chérie !
Sàya ma Sisoko ìn dè tó dúnuya rɔ́, La mort n’a pas épargné Sissoko en ce bas monde,
ń jàrabi yó ! Oh ! ma chérie !
Sàya ma Wezin ìn dè tó dúnuya rɔ́, La mort n’a pas épargné Ouenzin en ce bas monde,
ń jàrabi yó ! Oh ! ma chérie !
Fódè Kúyate dè túnunna ń bólo ! C’est notre Fodé Kouyaté qui vient de disparaître à jamais !

Chant dédié à Fodé Kouyaté, artiste malien de renom, décédé en 1996. C’est l’occasion pour Mama Sissoko de rendre hommage à plusieurs figures historiques du Mali d’avant l’indépendance : Mamadou Konaté, Fili Dabo Sissoko, Ouenzin Coulibaly. Ce chant nous rappelle que la mort n’épargne personne.

notes orthographiques :
(1) wàa, wàara : en bambara standard, wà existe mais on dit plutôt : táa, táara

I jɔ̀yɔrɔ yéra – ton importance fut reconnue

Áà ! í jɔ̀yɔrɔ yéra ! Ah ! ton importance fut reconnue !
Wóyi ! í jɔ̀yɔrɔ dɔ́nna ! (1) Oui, ton importance fur reconnue !
Áà ! í jɔ̀yɔrɔ, Ah ! ton importance,
Hàmídu Sí jó, Hamidou Sy tu as eu raison
í jɔ̀yɔrɔ yéra ! ton importance fut reconnue !
Ómarù Sí dénkɛ, Le fils béni d’Oumar SY,
Hàmídu ! Hamidou !
Babore dén ɲùman, L’enfant chéri de Baboré,
Hàmídu ! Hamidou !
Áyìda So cɛ̀, Le tendre époux d’Aïda Sow,
Hàmídu ! Hamidou !
Gana cɛ̀, Le tendre époux de Gana,
í jɔ̀yɔrɔ yéra ! ton importance fut reconnue par tous !
À tó, Hàmídu, Ne t’en fais pas, Hamidou,
À tó, í jɔ̀yɔrɔ yéra ! Ne t’en fais pas, ton importance fut reconnue !
Báden júgu ye kúma mîn fɔ́, Malgré les dires de ses frères ennemis,
Hàmídu Sí jó, Hamidou Sy a eu raison,
í jɔ̀yɔrɔ dɔ́nna ! car ton importance fut reconnue par tous !
Áà ! í jɔ̀yɔrɔ dɔ́nna ! Ah ! ton importance fut reconnue !
Wuyii ! í jɔ̀yɔrɔ dɔ́nna ! Oui ! ton importance fut reconnue par tous !
Gana cɛ̀, Le tendre époux de Gana,
Hàmídu ! Hamidou !
Gana cɛ̀, í jɔ̀yɔrɔ yéra ! Le tendre époux de Gana, ton importance fut reconnue !
À tó, Hàmídu, Ne t’en fais pas, Hamidou,
À tó, í jɔ̀yɔrɔ yéra ! Ne t’en fais pas, ton importance fut reconnue par tous !

Ce chant nous invite à nous battre pour atteindre notre idéal.
C’est la seule voie pour gagner l’estime et le respect de ses semblables.

note orthographique :
(1) woyi n’est pas un mot bambara ici, plutôt la transcription en bambara du "oui" français. idem pour Wuyii.

BAA TUMANBE – grand-frère Toumambé

Ée ! Bàa Tumanbe, (1) Eh ! Baa Toumanbé,
Kɔ̀rɔ Tumanbe yó ! Frère aîné Toumanbé !
Kànâ kànu kɛ́ fúru yé ! Ne transformons pas l’amour en mariage !
Í bólo dá sín kàn, Mettre la main sur le sein,
sín ka díya tɛ́. ce n’est pas parce qu’on aime le sein,
Sín ka díya tɛ́, Pas par amour pour le sein,
síntigi ka díya dòn ! mais bien par amour pour la fille dont c’est le sein !
Í bólo dá kán kàn, Mettre la main autour du cou,
kán ka díya tɛ́. ce n’est pas parce qu’on aime le cou,
Kán ka díya tɛ́, Pas par amour pour le cou,
kántigi ka díya dòn ! mais bien par amour pour la fille dont c’est le cou !
Í bólo dá bàya kàn, (2) Mettre la main sur le bas-ventre,
bàya ka díya tɛ́. ce n’est pas parce qu’on aime le bas-ventre,
Bàya ka díya tɛ́, Pas par amour pour le cou,
bàyatigi ka díya dòn ! mais bien par amour pour la fille dont c’est le bas-ventre !
Ée ! Bàa Tumanbe, Eh ! Baa Toumanbé,
Kɔ̀rɔ Tumanbe yó ! Frère aîné Toumanbé !
Kànâ kànu kɛ́ fúru yé ! Ne transformons pas l’amour en mariage !

Dans les sociétés traditionnelles du Mandé, les jeunes gens étaient traditionnellement organisés en "tɔn" (associations). Chaque garçon est associé à une "tɔnmusonin" (petite femme du Ton), sur laquelle il doit constamment veiller. Ces mariages fictifs, seuls possibles entre personnes de rang social différent, ne pouvaient en aucun cas être contractés.

notes orthographiques :
(1) bàa : littéralement "papa", qui peut être dit affectueusement même s’il n’y a pas de lien de parenté !
(2) bàya : en fait ceinture de perles ; parure décorative pour les fillettes, d’invitation pour les femmes, "terme à forte connotation érotique" indique Gérard Dumestre dans son dictionnaire du Bambara.

NÁRENA – maman


avec la voix de Teca Calazans

Kó Nárena ! Oh ! Narena !
Kó Nárena ! Oh ! Narena !
Álu ɲɛ́ tɛ́ nàlu lá ? Voyez-vous les mères ?
Kó Nárena ! Oh ! Narena !
Wóyi, Nárena ! Oui ! Narena !
Álu ɲɛ́ tɛ́ fàlu lá ? Voyez-vous les pères ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! (1) Ils sont nés d’une mère !
Álu ɲɛ́ tɛ́ ń dɔ́gɔlu lá ? Voyez-vous mes cadets ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Ils sont nés d’une mère !
Álu ɲɛ́ tɛ́ ń kɔ̀rɔlu lá ? Voyez-vous mes aînés ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Ils sont nés d’une mère !
Ɔ̀hɔ ! Nárena ! Oh ! Narena !
Wóoyi, Nárena ! Oui ! Narena !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Másitàn lá ? Voyez-vous Massitan ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Elle est née d’une mère !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Kàjátù lá ? Voyez-vous Kadiatou ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Elle est née d’une mère !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Bàsídì lá ? Voyez-vous Bassidi ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Il est né d’une mère !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Ámadu lá ? Voyez-vous Amadou ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Il est né d’une mère !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Alkawu lá ? Voyez-vous Alkawou ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Il est né d’une mère !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Nuru lá ? Voyez-vous Nourou ?
Òlu ye bɔ́la nà lè lɔ́, ń ná ! Il est né d’une mère !
Álû ɲɛ́ tɛ́ Úmù lá ? Voyez-vous Oumou ?
Álû ma nà Úmù yé ? N’avez-vous pas vu Oumou ?
Ɔ̀hɔ ! nárena ! Oh ! Narena !
Wóyì, nárena ! Oui ! Narena !

Hymne à la mère, à la maternité, à la femme.

notes orthographiques :
(1) les mots ná, lè, lɔ́ - ainsi que la conugaison "ye bɔla", sont tout droits issus de l’influence maninka, mais tout bambara comprendra facilement cette phrase comme : Olu bɔra ba de la, ba !

Bɛɛ n’i dányan – à chacun son destin

(1)

Áà ! kó ń bɛ́ nì Sise mà ! Ah ! c’est à Cissé que je m’adresse !
Sise ! Sise ! Cissé ! Cissé !
Hál’í mánà kɛ́ kómandan dí dúnuya kɔ́nɔ́, Même si tu deviens un commandant en ce bas monde,
jɔ̀n bɛ́ɛ n’í dányan lè, Ála bólo ! par Dieu, chacun a son destin !
Hál’í mánà kɛ́ muzusiyɛn dí dúnuya kɔ́nɔ́, Même si tu deviens un musicien en ce bas monde,
jɔ̀n bɛ́ɛ n’í dányan lè, Ála bólo ! par Dieu, chacun a son destin !
Hál’í mánà kɛ́ mínisiri dí dúnuya kɔ́nɔ́, Même si tu deviens un musicien en ce bas monde,
jɔ̀n bɛ́ɛ n’í dányan lè, Ála bólo ! par Dieu, chacun a son destin !
Hál’í mánà kɛ́ dírekiteri dí dúnuya kɔ́nɔ́, Même si tu deviens un musicien en ce bas monde,
jɔ̀n bɛ́ɛ n’í dányan lè, Ála bólo ! par Dieu, chacun a son destin !
Jɔ̀n bɛ́ɛ n’í dányan lè ! Chaque personne a son destin !
Wúyì, jɔ̀n bɛ́ɛ n’í dányan ! Oui, chaque personne a son destin !

Chant à la gloire d’un bienfaiteur. Dans le Mandé, on dit que "ce qui est écrit, c’est ce qui se passera, ce qui se passera, c’est ce qui sera dit", nous enseignant que chacun a un destin.

note orthographique :
(1) dányan : en bambara et en maninka, on dit plutôt dákan. Mais tout le monde comprend, d’autant plus que le proverbe "bɛɛ n’i dakan" (à chacun son destin) est très connu et très utilisé.

Mari

Ée ! kó kà nìn fɔ́ í yé ! Eh ! Ceci t’est dédié !
Mári yó ! Oh ! Mari !
Kó kà nìn fɔ́ í yé ! Ceci t’est dédié !
Kó nìn kɛ́ra màkariko yé, C’est une chose bien triste,
kó nìn kɛ́ra màkaritɔ ko yé ! C’est une chose bien pitoyable,
Kó Mári yó, í lè wàatɔlen mín ? Eh, Mari, où vas-tu ?
Kànâ wàa kà ánw fàw tó só ! N’abandonne pas nos pères à la maison !
Kó nìn kɛ́ra màkariko yé, C’est une chose bien triste,
kó nìn kɛ́ra màkaritɔ ko yé ! C’est une chose bien pitoyable,
Kó màa bɛ dúnuya kànu, On peut aimer la vie,
dúnuya b’í kànu ! et le monde peut nous aimer !
Jàa kó láhara dè yé lábanko só yé ! Mais c’est l’au-delà qui est la fin de toute vie !
Kó màa bɛ dúnuya kànu, On peut aimer la vie,
dúnuya b’í kànu ! et le monde peut nous aimer !
Jàa kó láhara dè yé lábanko só yé ! Mais c’est l’au-delà qui est la fin de toute vie !
Ée ! kó kà nìn fɔ́ í yé ! Eh ! Ceci t’est dédié !
Mári yó, kó kà nìn fɔ́ í yé ! Oh ! Mari ! Ceci t’est dédié !

Chant d’hommage à Mari, décédé alors que ses parents vivent encore. Ce chant nous invite à prendre du recul par rapport à la vie car ce monde n’est pas notre demeure éternelle et à tout moment la mort peut nous frapper.

vendredi 1er mai 2020

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