[]

MALI PENSE

"Honni soit qui mal y pense" ? Non ! Heureux soit qui "Mali" pense, car c'est un beau voyage qui l'attend...

Timbuktu Fasso, de Fatoumata Diawara


Les paroles de la chanson de Fatou dans le film [1]...

Timbuktu Fasso [2]Tombouctou, mon pays
ko o ye ne faso ye- c’est mon pays [3]
N balimalu Tonbuktu ye ne faso yeMes amis [4], Tombouctou c’est mon pays
mmm ko o ye ne faso ye- c’est mon pays
Sinjilu , Tonbuktu ye ne faso yeMes frères et sœurs [5], Tombouctou c’est mon pays
ko denmisɛnnu bɛ kasi la Ala- les enfants sont en pleurs , Alla
badenya, badenya dugu ye Tonbuktu yeMes frères et sœurs [6], notre terre c’est Tombouctou
Sinjiya, Sinjiya dugu ye Maliba yeMes frères et sœurs, notre terre c’est le grand Mali
yankalu yan ye ne faso yegens d’ici, c’est ici mon pays
oo bo oo boo ooooo bo oo boo ooo
ko o ye ne faso ye- c’est mon pays
n balimalu Maliba ye ne faso yeMes frères et sœurs, le grand Mali c’est mon pays
aw bɛ kasi la mun naVous êtes en pleurs, pourquoi ?
denmisɛnnu bɛ ka si la mun naLes enfants sont en pleurs, pourquoi ?
aw bɛ kasi la mun naVous êtes en pleurs, pourquoi ?
kamalennu bɛ kasi laLes jeunes gens sont en pleurs
Maliba —don dɔ be se —Le grand Mali un jour vaincra
ko yan ye ne faso ye- c’est ici mon pays
nbanba
N Sinjilu Tonbuktu ye ne faso yeMes Frères et sœurs, Tombouctou c’est mon pays
ko siniɲɛsigi jɔrɔ de bɛ an naL’inquiétude de l’avenir est en nous
N ko denmisɛnnu bɛ kasi la yen- Les enfants sont en pleurs là-bas
denmisɛnnu bɛ kasi la yen mun naLes enfants sont en pleurs là-bas, pourquoi ?
aw ye hami na mun na yenVous êtes dans les soucis, pourquoi là-bas ?
aw kana kasi la AlaNe soyez pas en pleurs, Alla
Maliba don dɔ - bɛ se - -Le grand Mali un jour vaincra
aw bɛ - aw bɛ kasi la yen mun na yenVous êtes – vous êtes en pleurs là-bas pourquoi là-bas ?
N ko anw bɛ kasi la eee mun na n ba eee Ala- vous êtes en pleurs là-bas pourquoi Alla
n ko denmisɛnnu bɛ kasi la yen Ala- les enfants sont en pleurs là-bas Alla
Maliba n ko don dɔ bɛ seLe grand Mali, je le dis, un jour vaincra

Écouter ce passage de l’émission L’Afrique enchantée de France Inter du dimanche 25 janvier 2015 (à partir de la minute 14)

- Fáatumata Jáwara (Fatoumata Diawara) est née en Côte d’Ivoire, de parents maliens, en 1982. Dès l’enfance, elle danse dans la troupe de son père ; elle rencontre un grand succès en exécutant l’extravagante danse didadi du Wassoulou, région frontalière à cheval sur le Mali, la Guinée et la Côte d’Ivoire. Jeune fille énergique et têtue, elle refuse à l’âge de 12 ans de retourner à l’école, ce qui décide ses parents à l’envoyer – c’est une tradition africaine – vivre chez une de ses tantes au Mali, à Bamako. Elle ne reverra pas son père ni sa mère pendant près de dix ans.

Sa tante était une actrice. Au bout de quelques années, Fatou se retrouve sur un tournage, en charge de l’enfant de sa tante. C’est alors que le cinéaste, Adama Drabo, la remarque, captivé par la beauté adolescente de Fatou, et lui donne une rôle dans Taafe Fanga (Le pouvoir du pagne, 1996).

PNG - 142.2 ko
dans Taafe Fanga

Puis elle rencontre Cheick Oumar Sissoko qui lui donne un rôle principal dans La Génèse (1999, le film dont le DVD reste introuvable...)

PNG - 152.7 ko
dans La Génèse

C’est à l’âge de 18 ans qu’elle monte à Paris, pour jouer dans Antigone, une adaptation de Jean-Louis Sagot-Duvauroux en collaboration avec Habib Dembélé et le Mandeka Théâtre du Mali aux Bouffes-du-Nord, pièce qui tourne ensuite en France).

De retour au Mali, elle se voit offrir le rôle principal dans le film de Dani Kouyaté, Sia, le rêve du python (2001).

PNG - 220.4 ko
dans Sia, le rêve du python

Pour beaucoup au Mali, en Guinée, au Sénégal et au Burkina, Fatou est avant tout Sia !
Les offres de rôle affluent mais la famille de Fatou veut la voir installée et mariée, et la force même à annoncer en direct à la télévision qu’elle arrête là sa carrière cinématographique.

En 2002, Jean-Luc Courcoult, fondateur de la troupe de théâtre Royal de Luxe, vient à Bamako lui proposer un rôle. Mais au Mali une femme non mariée est traitée comme une mineure et ses parents refusent. Tourmentée, Fatou prend finalement sa décision : elle s’enfuit et réussit à embarquer sur un avion pour Paris, échappant de peu à la police à qui l’on a signalé un "enlèvement". Au cours de ces 6 années avec le Royal de Luxe, Fatou passe de rôle en rôle et voyage beaucoup en Europe, mais aussi au Mexique, au Vietnam...

Pendant les répétitions et les moments de relâche, elle a pris l’habitude de se relaxer en chantant dans les coulisses. Le directeur le remarque et lui offre bientôt un rôle de solo. Encouragée par le public, elle y prend goût et commence à chanter dans les clubs et cafés parisiens. C’est là qu’elle rencontre Cheick Tidiane Seck qui l’invite à retourner avec lui au Mali pour travailler sur deux projets qui recevront les honneurs des "Grammy awards", Seya (avec Oumou Sangaré) et "Red Bridge" (avec Dee Dee Bridgewater). La sortie des albums l’entraîne pour de nouveaux tours du monde comme chanteuse et danseuse.

De retour en France, elle prend en 2007 le rôle de "Karaba la sorcière" dans la comédie musicale Kirikou et Karaba, sur les conseils de Rokia Traoré qui a déjà travaillé, avec Youssou N’Dour, sur la musique des dessins animés de Michel Ocelot. C’est également Rokia qui l’incite à se mettre à la guitare. Elle raconte en souriant : "Une fille malienne avec une guitare acoustique, c’était une chose à la fois merveilleuse et audacieuse. Pourquoi la guitare serait-elle réservée aux hommes ?". Elle apprend par elle même et se met à composer.

C’est alors qu’elle décide de se consacrer entièrement à sa passion, la musique. Elle s’attaque à la création d’un album, se frotte aussi aux percussions, présente ses démos, et signe finalement avec World Circuit grâce à l’introduction d’Oumou Sangaré.

Depuis le succès de KANOU (2011) Fatoumata n’arrête pas de tourner avec son orchestre ainsi qu’avec Damon Albarn, Tony Allen et Flea (’Rocket Juice and the Moon’ project). L’album FATOU sort en Mars 2012.

Elle n’en a toutefois pas vraiment terminé avec le cinéma, où elle joue de plus en plus des rôles de chanteuse, depuis « Il va pleuvoir sur Conakry » de Cheick Fantamady Camara (2008), « Encourage » de Eleonora Campanella, « Ni brune ni blonde » d’Abderrahmane Sissako (2010) ou encore « Les Contes de la nuit » de Michel Ocelot pour sa voix... jusqu’à Timbuktu d’Abderrahmane Cissako (2014).

Liens
http://www.fatoumatadiawara.fr/#!ab...
http://www.worldcircuit.co.uk/#Fato...
http://www.africultures.com/php/ind...
http://amisdumali.com/pages%20musiq...

Notes

[1merci à Idrissa et à Marilou pour leur aide !

[2en bambara : Tumutu faso ; Timbuktu est le nom en Anglais, Tombouctou en Français

[3plus exactement la patrie : (père-maison), donc la maison des pères, "la mère patrie" !

[4balima en bambara est une notion de parenté désignant le frère ou la sœur, ou toute personne que l’on considère comme un frère ou une sœur ; terme affectif à l’adresse des lecteurs, des auditeurs...

[5Il s’agit là des frères et sœur de même mère : exactement du même lait maternel (nourris au même sein).

[6Il s’agit des enfants de la même mère (mère-enfant).

dimanche 25 janvier 2015

Messages

NB: Pour un message en privé à l'auteur, envoyer un email à : contact@mali-pense.net

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Ajouter un document

SPIP | contacter mali-pense.net | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0
Radios